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Composé d’une dizaine d’artisans et de maîtres d’art dont le talent est reconnu dans le monde entier, l’atelier du Livre de l’Imprimerie nationale, véritable chaîne graphique traditionnelle offre un éventail du savoir–faire exceptionnel dans les disciplines suivantes : dessin de lettres et création de caractères, gravure de poinçons, fonte de caractères, composition typographique latine et orientale, impression typographique, gravure et impression taille-douce, reliure, réalisation de livres de bibliophilie et de livres d’artiste.

Conception – Dessin de caractères

L'Imprimerie nationale conçoit pour les collectivités locales, institutions, entreprises privées… des polices de caractères identitaires. Franck Jalleau a ainsi créé récemment un ensemble de caractères exclusifs pour la ville de Brive-la-Gaillarde, le Brive, et un caractère identitaire pour le Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale.

Un programme d'adaptation du fonds typographique destiné à la composition numérique a été entrepris depuis quelques années. Franck Jalleau a redessiné aussi bien les caractères latins historiques que les Grecs du Roi, gravés par Claude Garamont, pour une édition des Odes olympiques de Pindare lors des Jeux olympiques d'Athènes.


Gravure de poincons

Depuis plus de cinq siècles, la fabrication des caractères mobiles se décompose en trois phases : la gravure d'un poinçon, la frappe d'une matrice, la fonte de milliers de caractères typographiques (dans un alliage de plomb, d'antimoine et d'étain).

Le poinçon est une tige d'acier à l'extrémité de laquelle le graveur dessine et grave, en relief et à l'envers, la lettre ou la vignette. Quand le graveur juge que l'œuvre est au point, le poinçon est durci par la trempe et se trouve prêt pour la frappe de la matrice. Le cabinet des Poinçons, trésor de l'Imprimerie Nationale, conserve 700 000 pièces gravées, dont les plus anciennes, les poinçons des Grecs du Roi créés par Claude Garamont, remontent à François 1er.

Cet atelier est dirigé par Nelly Gable, qui fait partie des 124 Maîtres d’art nommés par le ministère de la Culture et de la Communication depuis 1994 et qui forme à ce titre un nouveau graveur de poinçons.


Fonte de caractères

Le poinçon, une fois durci par un traitement thermique, est enfoncé en force et à froid dans un bloc de cuivre. Après cette opération dite « frappe de la matrice », celle-ci est justifiée puis moulée, autrefois dans un moule à main, depuis le XIXe siècle sur une machine à fondre mécanique. Grâce à cette technique sont obtenus des milliers de plombs identiques, à partir d'une matrice correspondant à une seule lettre. Ces caractères sont ensuite distribués dans les casses parmi les autres caractères et permettent aux typographes de composer à la main, lettre à lettre.

L’atelier du Livre d’art et de l’estampe est également équipé de plusieurs composeuses-fondeuses mécaniques de différentes époques comme la Typographe, la Monotype ou la Linotype.

La Monotype est un système de composition mécanique comprenant deux éléments, le clavier grâce auquel le texte est saisi et enregistré sur une bande de papier perforée et la fondeuse composeuse qui, d’une manière automatique, produit des textes en caractères de plomb séparés, prêts à rouler sous presse. Depuis 2016, la Monotype de l’atelier du Livre d’art et de l’Estampe est désormais équipée d’un système de pilotage sous système d’exploitation OS permettant d’obtenir un texte composé et fondu avec des caractères mobiles en plomb à partir d’un fichier Word.

La Linotype est une fondeuse-composeuse qui réalise des lignes-blocs. La Linotype compose une ligne de matrices, la justifie, fond et rabote la ligne pour la livrer sur une galée, à la suite de la précédente, prête à être mise en page et imprimée. Les matrices sont ensuite redistribuées dans les canaux du magasin à matrices. Philippe Mérille, qui dirige cet atelier a été formé par Joël Bertin, qui fait partie des 124 Maîtres d’art nommés par le ministère de la Culture et de la Communication depuis 1994.


Composition typographique

Assemblage de caractères en plomb alignés lettre à lettre dans le « composteur » par le typographe. Ces lignes réunies en pavés sont installées dans une « forme », qui sera ensuite calée sur une presse typographique. Les compositeurs typographes de l'Imprimerie nationale utilisent les 7 caractères historiques exclusifs : le Garamont de François Ier appelé aussi Romain de l’Université, le Grandjean ou Romain du Roi et le Jaugeon de Louis XIV, le Luce gravé sous Louis XV, le Didot millimétrique de Napoléon Ier, le Marcellin-Legrand de Charles X et le Gauthier, dernier caractère en plomb gravé dans les années 1970.

La typothèque permet également aux typographes orientalistes, corps de métier créé par Napoléon en 1813, de composer dans plus de 65 écritures : hiéroglyphique, cunéiforme, chinois, grec, arabe (13 styles), hébreu, sanscrit, tibétain, touareg, maya,…


Impression typographique

Impression des compositions en relief. En typographie, l'impression se fait par encrage de la composition installée dans une forme puis par pression sur le papier présenté feuille par feuille. L’atelier du Livre d’art et de l’Estampe dispose de plusieurs presses typographiques permettant d’imprimer dans différents formats.


Taille-douce

Art de la gravure en creux sur métal à l'aide d'un burin pour reproduire un dessin dans le but d'obtenir une impression sur papier. L'impression s'obtient en encrant totalement la plaque de métal et en l'essuyant, seuls les creux (les tailles) conservent l'encre. Quand on presse fortement un papier humidifié sur la surface de la plaque, il pénètre dans les creux et absorbe l'encre qui y était déposée. Le dépôt d'encre à la surface du papier forme une couche qui varie selon les profondeurs de creux, ce qui permet au graveur d'obtenir des noirs plus ou moins profonds et veloutés.

L’atelier du Livre d’art et de l’Estampe est équipé de deux presses taille-douce dont l’une de grand format datant du XVIIIe siècle sur laquelle ont été imprimées les gravures de Meryon, Corot, Millet, Whistler… L’impression en taille-douce requiert, tout comme les métiers de la typographie, un savoir-faire spécifique, que possède et maîtrise parfaitement l’Atelier du Livre d’art et de l’Estampe.


Lithographie

Procédé d'impression consistant à reproduire un dessin réalisé au crayon gras ou à l'encre grasse sur une pierre calcaire poreuse (ou sur du zinc), lequel sera imprimé grâce à l'encre qui n'adhérera que sur les parties grasses, selon le principe de répulsion entre l'eau absorbée par la pierre et le corps gras déposé sur celle-ci. L’atelier du Livre et de l’Estampe est équipé de deux presses dont une de marque Voirin du type « bête à corne ».


Correction

Le travail de correction consiste dans la préparation orthographique des manuscrits, la lecture en première épreuve, en mise en pages, en bon à tirer, révision de bon à tirer après imposition et tierce avant le tirage, avec une attention portée sur l'état du caractère en plomb.

C'est dans ces dernières étapes que le contrôle du placement des textes et des clichés dans la page, la vérification des alignements et des marges, du suivi des folios, du repérage recto-verso prennent autant d'importance que la lecture proprement dite. L’atelier du Livre d’art et de l’Estampe est l’une des dernières imprimeries en France à disposer d’un correcteur professionnel de haut niveau.


Reliure

L'atelier de papeterie est le lieu de la pliure manuelle des feuilles imprimées, de l'encartage, de l'assemblage des cahiers et de la vérification de leur ordre, enfin du comptage des exemplaires. Ceux-ci peuvent avoir une coupe franche ou des barbes naturelles, voire être déchirés au format du livre. La présentation finale se fera avec un corps d'ouvrage en cahiers libres ou cousus à l'aide d'une aiguille courbe et d'un fil de lin. Les opérations de mise en presse, grecquage, couture sur cousoir, passure en colle, arrondissure, pose des signets et tranchefiles, taille des cartons et passure des rubans dans ceux-ci, couvrure en papier, en toile ou en cuir, contrecollage des gardes et titrage au balancier sur le dos et les plats constituent la reliure. L’atelier du Livre d’art et de l’Estampe est équipé de tout le matériel nécessaire à ces opérations d’assemblage et de reliure. Toute demande est étudiée avec attention afin de répondre au mieux aux questions spécifiques dans ce domaine.


Livres de bibliophilie et livres de création

Fabriquer un livre de bibliophilie, un livre de création ou un livre d’artiste c'est, à partir de quelques indications – un format, une pré-maquette, un nombre de signes –, être en mesure de décomposer chaque étape et, d'atelier en atelier, mener à bien les opérations dans le respect de leur déroulement logique afin de livrer, à la date prévue, un tirage limité d'exemplaires irréprochables sur le plan de la qualité. Editeurs d’art, sociétés de bibliophiles, institutions, artistes renommés font régulièrement appel aux services de l’Imprimerie nationale pour la réalisation de leurs estampes et de leurs livres de création.

S’inspirant et puisant dans le riche patrimoine historique de l’Imprimerie nationale, tout en s’appuyant sur les savoir–faire de l’Atelier du Livre, nombreux sont les artistes qui, au cours de ces dernières années, sont venus réaliser des livres de création à l’atelier du Livre d’art et de l’Estampe de l’Imprimerie nationale : Alechinsky, Alligand, Barceló, Bazaine, Martin Bradley, Cortot, Dorny, Garache, Pincemin, Riopelle, Toni Soulié, Richard Texier, Titus Carmel, Zao Wou-Ki, pour ne citer que les plus connus… Fanette Mellier, Linda Bujoli, Valia Eydis ou Clément Lesaffre parmi les jeunes créateurs et graphistes.