![]() | FABRICATIONFabriquer un livre c'est, à partir de quelques indications – un format, une pré-maquette, un nombre de signes –, être en mesure de décomposer chaque étape et, d'atelier en atelier, mener à bien les opérations dans le respect de leur déroulement logique afin de livrer, à la date prévue, un tirage limité d'exemplaires irréprochables sur le plan de la qualité. |
![]() | CONCEPTION – DESSIN DE CARACTERESL'Imprimerie nationale conçoit pour les villes ou pour les sociétés des polices de caractères identitaires. Franck Jalleau a ainsi créé en 2002 un ensemble de caractères exclusifs pour la ville de Brive-la-Gaillarde, le Brive. Un programme d'adaptation du fonds typographique destiné à la composition numérique a été entrepris depuis quelques années. Franck Jalleau a redessiné aussi bien les caractères latins historiques que les Grecs du Roi, gravés par Claude Garamont, pour une édition des Odes olympiques de Pindare lors des Jeux olympiques d'Athènes. |
![]() | FONTE DE CARACTÈRESLe poinçon, une fois durci par un traitement thermique, est enfoncé en force et à froid dans un bloc de cuivre. Après cette opération dite « frappe de la matrice », celle-ci est justifiée puis moulée, autrefois dans un moule à main, depuis le XIXe siècle sur une machine à fondre mécanique. Grâce à cette technique sont obtenus des milliers de plombs identiques, à partir d'une matrice correspondant à une seule lettre. Ces caractères sont ensuite distribués dans les casses parmi les autres caractères et permettent aux typographes de composer à la main, lettre à lettre. |
Système de composition mécanique comprenant deux éléments, le clavier grâce auquel le texte est saisi et enregistré sur une bande de papier perforée, et la fondeuse composeuse qui, d’une manière automatique, produit des textes en caractères de plomb séparés, prêts à rouler sous presse.
Machine à composer en lignes-blocs. La Linotype compose une ligne de matrices, la justifie, fond et rabote la ligne pour la livrer sur une galée, à la suite de la précédente, prête à être mise en page et imprimée. Les matrices sont ensuite redistribuées dans les canaux du magasin à matrices.
![]() | GRAVURE DE POINCONSDepuis plus de cinq siècles, la fabrication des caractères mobiles se décompose en trois phases : la gravure d'un poinçon, la frappe d'une matrice, la fonte de milliers de caractères typographiques (dans un alliage de plomb, d'antimoine et d'étain). |
![]() | COMPOSITION TYPOGRAPHIQUEAssemblage de caractères en plomb alignés lettre à lettre dans le « composteur » par le typographe. Ces lignes réunies en pavés sont installées dans une « forme », qui sera ensuite calée sur une presse typographique. Les compositeurs typographes de l'Imprimerie nationale utilisent les 7 caractères historiques exclusifs : le Garamont de François Ier, le Grandjean et le Jaugeon de Louis XIV, le Luce gravé sous Louis XV, le Didot millimétrique de Napoléon Ier, le Marcellin-Legrand de Charles X et le Gauthier, dernier caractère en plomb gravé dans les années 1970. La typothèque permet également aux typographes orientalistes, corps de métier créé par Napoléon en 1813, de composer dans plus de 60 écritures : chinois, grec, arabe (12 styles), hébreu, sanscrit, tibétain… |
![]() | IMPRESSION TYPOGRAPHIQUEImpression des compositions en relief. En typographie, l'impression se fait par encrage de la composition installée dans une forme puis par pression sur le papier présenté feuille par feuille. |
![]() | TAILLE-DOUCEArt de la gravure en creux sur métal à l'aide d'un burin pour reproduire un dessin dans le but d'obtenir une impression sur papier. L'impression s'obtient en encrant totalement la plaque de métal et en l'essuyant, seuls les creux (les tailles) conservent l'encre. Quand on presse fortement un papier humidifié sur la surface de la plaque, il pénètre dans les creux et absorbe l'encre qui y était déposée. Le dépôt d'encre à la surface du papier forme une couche qui varie selon les profondeurs de creux, ce qui permet au graveur d'obtenir des noirs plus ou moins profonds et veloutés. |
![]() | LITHOGRAPHIEProcédé d'impression consistant à reproduire un dessin réalisé au crayon gras ou à l'encre grasse sur une pierre calcaire poreuse (ou sur du zinc), lequel sera imprimé grâce à l'encre qui n'adhérera que sur les parties grasses, selon le principe de répulsion entre l'eau absorbée par la pierre et le corps gras déposé sur celle-ci. |
![]() | PHOTOTYPIEProcédé d'impression sans trame où la forme imprimante est une dalle de verre recouverte de gélatine bichromatée et insolée sous un négatif photographique. La gélatine repousse l'encre dans ses parties humides et la prend en force dans ses parties tannées. Le résultat est une reproduction parfaitement fidèle au trait du crayon, du fusain ou de l'écriture. |
![]() | PAPETERIE-RELIUREL'atelier de papeterie est le lieu de la pliure manuelle des feuilles imprimées, de l'encartage, de l'assemblage des cahiers et de la vérification de leur ordre, enfin du comptage des exemplaires. Ceux-ci peuvent avoir une coupe franche ou des barbes naturelles, voire être déchirés au format du livre. La présentation finale se fera avec un corps d'ouvrage en cahiers libres ou cousus à l'aide d'une aiguille courbe et d'un fil de lin. |
![]() | CORRECTIONLe travail de correction consiste dans la préparation orthographique des manuscrits, la lecture en première épreuve, en mise en pages, en bon à tirer, révision de bon à tirer après imposition et tierce avant le tirage, avec une attention portée sur l'état du caractère en plomb. C'est dans ces dernières étapes que le contrôle du placement des textes et des clichés dans la page, la vérification des alignements et des marges, du suivi des folios, du repérage recto-verso prennent autant d'importance que la lecture proprement dite. BIBLIOTHÈQUELes chercheurs peuvent prendre rendez-vous pour consulter sur place quelques productions de l'atelier ainsi que les ouvrages de la bibliothèque historique de l'Imprimerie nationale (riche d'environ 30 000 volumes), qui comprend des fonds spécialisés sur les arts graphiques, la bibliophilie, l'érudition orientale, les voyages, l'histoire naturelle, etc. |
![]() | EXPOSITIONSL'atelier du Livre d'art et de l'Estampe propose toute une gamme d'expositions fondées sur son patrimoine (ouvrages sortis des presses de l'établissement depuis François Ier, poinçons de caractères latins et orientaux permettant de composer dans plus de 60 écritures, matériel d'imprimerie) et sur ses savoir-faire préservés jusqu'à nos jours. Depuis cinq ans, de nombreuses expositions ont exploité les thèmes de la lettre, de l'histoire du livre, de l'orientalisme ou des métiers de l'imprimerie, assortis de démonstrations ou de conférences. |
Après le musée des Arts et Métiers (Paris), Dinard, l’école Estienne, Brive-la-Gaillarde, Sens, Suresnes, le musée de La Poste (Paris), Figeac, La Charité-sur-Loire, Troyes, Sedan, Châlons-en-Champagne, Cambremer et l’Institut du monde arabe, c’est au tour du château de Versailles d’exposer des pièces majeures des collections de l’IN (« Sciences et curiosités à la cour de Versailles »), en attendant la grande rétrospective qui aura lieu à New York à la fin de l’année. L’atelier organise une exposition itinérante : « Autopsie d’un livre à l’atelier du Livre d’art et de l’Estampe » et étudie tout scénario sur demande.
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